Je n’étais qu’une enfant, dans un monde de prédateurs

Article : Je n’étais qu’une enfant, dans un monde de prédateurs
17 mai 2020

Je n’étais qu’une enfant, dans un monde de prédateurs

Ce soir, je suis perdue entre mes photos d’enfance que j’adore contempler à chaque fois que j’en ai l’occasion, ce fut une habitude pour moi de m’enfermer dans ma chambre pour me rappeler les beaux souvenirs du passé, je suis quelqu’un de très nostalgique. Je vois ce visage innocent que j’avais, et cette peau si fraîche et douce de bébé… D’ailleurs, ma mère ne cesse de me dire que j’étais une enfant adorable et mignonne, je peux comprendre qu’on pourrait chérir le petit être tendre et angélique que j’étais, mais pas autant de vouloir en profiter d’une manière sale et malsaine.

J’avais cinq ans à peine, mais les moments que j’ai vécus n’ont pas manqué de s’inscrire dans mon âme et mon esprit à jamais. Mais par où commencer, le vendeur du coin qui se considérait comme le bon ami de mon grand-père, ou alors l’épicier qui avait un grand respect pour ma mère, elle apprenait à sa femme à lire et à écrire.

Le premier était « Sahb Lhaj » comme il disait souvent avec fierté, les deux passaient des heures à parler de tout et de rien devant le comptoir. Pour moi, il était quelqu’un de très sympathique. Il m’offrait de temps à autre des bonbons gratuits en absence de son cher ami, mon grand-père, mais pour en avoir, il fallait glisser derrière le comptoir afin de choisir mes sucreries. Très tentant pour une fillette de cinq ans. Pour lui c’était la fête au village, l’occasion d’affleurer ma peau rose et délicate, d’attoucher ma chair lumineuse, un corps d’enfant lisse et soyeux… J’étais occupée à sucer mes bonbons. Il n’hésitait pas de glisser sa main impure dans mon slip et caresser mon bas-ventre. Dommage pour lui, une vulve d’un nichet de cinq ans ne pourrait réagir à ses stimulations, il le savait sûrement, mais que sais-je, peut-être que me mettre entre ses cuisses lui procurait un plaisir fou, un délice chétif.

» je me demande s’il dormait paisiblement la nuit en pensant à ses gestes sordides et malveillants. »

Dépassant la cinquantaine, son corps crasseux et amorti ne séduisait plus aucune femme. Il ne voulait sans doute pas continuer sa vie à se branler dans son maudit garage où régnait la même odeur que dans les magasins d’animaux, une odeur de sécrétion et d’enfermement, de pisse séchée dans une litière… Et un enfant était la seule alternative pour assouvir ses besoins sexuels, même sans le pénétrer.

Les hommes sont parfois égoïstes et ne pensent qu’à leur jouissance. Ne s’est-il dit à aucun moment « suis-je devenu fou ? Cette pauvre enfant n’aura-t-elle pas des séquelles dans le futur à cause de mon acte pervers irréfléchi ? Ne va-t-elle pas haïr les hommes pendant le reste de sa vie ?« . Je me demande s’il a pensé une seule fois à mon grand-père et à l’amitié qui les liait, je me demande s’il dormait paisiblement la nuit en pensant à ses gestes sordides et malveillants. Mais non, l’être humain ne se contrôle plus quand il s’agit de sa verge, il perd la tête et toute raison face à ses propres pulsions …

Je ferme les yeux, je lâche mon album photos, et je tente d’oublier les scènes écœurantes que ma mémoire vient d’évoquer, mais au mépris de ce que je désirais, d’autres images me viennent à l’esprit. Dans le coup, je suis un peu plus grande, neuf ou dix ans je dirais, je demande à ma mère quelques pièces d’argent pour m’acheter une glace chez l’épicier du coin. Lui était un monsieur très grand avec un gros bide, il était marié et avait deux ou trois fils. Sa femme, analphabète mais chaleureuse et sympathique, l’aidait parfois à gérer la boutique. Il m’est arrivé de rêver de lui une fois, avec ses vêtements déchirés, un œil arraché et le sang qui coule sur son visage. Il essayait d’attraper quelques enfants qui jouaient autour de lui, tandis que sa femme pleurait à l’entrée du magasin…

Je lui réclame une glace, mais il me demande d’attendre que les clients partent pour me servir. Quand tout le monde quitte la boutique, il vient vers moi, « vas-y choisi la glace que tu veux », me demande-t-il. Il se positionne derrière moi, m’écrase contre le frigo, et fait des mouvements de va et viens avec son bassin. Moi, je ne sens que son gros ventre, comme si on écrasait un ballon de gym sur mon dos. Cette fois-ci, j’étais consciente de ce qui se passait, mais je me sentais faible entre les mains d’un animal prodigieux. Je baisse ma tête et j’essaye de m’échapper par dessous son bras à mainte reprise, «3tini la glace dieli w khelini nemchi 3afak » (Donne-moi ma glace et laisse-moi partir s’il te plaît). Il me regarde avec des yeux dévorants, le  sourire au coin des lèvres et me dit « Allez vieeens, je te donnerai ta glace, un peu de patience! ».

Je m’interroge. S’il se sent coupable ou s’il continue son manège habituel avec d’autres petits enfants, s’il se contente de caresses et d’attouchements ou s’il va encore plus loin… Juste le fait de penser que d’autres enfants innocents se dirigent vers l’épicerie chaque jour me crève le cœur, me donne l’envie de crier à s’en déchirer les poumons, de secouer les parents pour leur reprocher leur confiance excessive dans un monde comblé de traîtres…

Aujourd’hui j’ai décidé de mettre des mots sur mes souffrances et me libérer d’un poids qui pèse beaucoup sur moi. La pédophilie est réelle, elle existe partout, elle peut surgir même des êtres les plus proches, et est loin de se limiter à des attouchements et des caresses tu sais… Aujourd’hui je brise le silence et je libère la parole !

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Commentaires

Mounir
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Je t’encourage, La pédophilie est un vrai phénomène, Il faut réussir à en parler🤐🙏

Oussama
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Interesting subject

Mouad
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je sais que t'es une forte femme❤👊
trop touchant☺

Omar
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I bieleve on your skills and I think you will become a succesfull women and a good example.

Happy to know you my dear 😌

ABDERRAFII LASSILE
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C'est très touchant, j'adore

Leo
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The way you approached this sensitive subject was very different and touching I really like your style of writing and don’t stop improving

Hiba
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Très talentueuse ❤️❤️

Maryame
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Bravooo ma chérie t'es vraiment une personne courageuse ❤❤

Maryam HARBOUZE
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Je suis choquée et très fière de toi parce-que tu as pu partager ce ci avec nous. J'espère que ces monstres ont pris ce qu'ils méritent. Je voulais bien te donner un grand câlin en ce moment là 🤗🤗.

Nico
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Ça n’a vraiment pas du être simple de mettre à l’écrit ce que tu as subis... Tu es une jeune femme très forte pour avoir eu le courage de le faire. Je suis fier de t’avoir dans mon entourage et j’aurai aimé te connaître plus tôt.

Hiba
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Je suis très fière de toi.